Le 15 mai 1768, la signature du traité de Versailles change définitivement la géographie de la France méditerranéenne. Ce jour-là, la République de Gênes, incapable de mater les révoltes indépendantistes sur l'île de Beauté et lourdement endettée auprès de la France, décide de lui céder l'administration de la Corse.
Officiellement, il ne s'agit que d'une « délégation » de souveraineté en échange du remboursement des dettes génoises. Mais dans les faits, Louis XV s'empresse d'envoyer ses troupes pour intégrer l'île au royaume. Ce transfert de propriété se fait sans l'accord des Corses, qui, sous la direction de Pascal Paoli, se battront farouchement pour leur indépendance jusqu'à la défaite de Ponte-Novo en 1769.
L'ironie de l'Histoire réside dans le calendrier : cette annexion intervient un an seulement avant la naissance d'un certain Napoléon Bonaparte à Ajaccio. Si le traité avait été signé quelques mois plus tard, l'Empereur des Français n'aurait jamais été français de naissance, changeant ainsi radicalement le destin de l'Europe.